Cendrillon, contée par Thierry Malandain

Cendrillon, de Thierry Malandain

Au Théâtre National de Chaillot de Paris du 9 au 18 avril 2014

Ce n’est pas la première fois que le chorégraphe Thierry Malandain s’attaque aux contes de fée. Avec plus de 75 créations à son actif, dont Casse Noisette et Roméo et Juliette, on sent chez lui le souci d’un travail abouti et imaginatif. En juin 2013, il signe une Cendrillon impeccable, dans laquelle il revisite avec humour les codes classiques et se permet quelques interprétations personnelles. Maintes fois applaudie, sa Cendrillon nous revient quasi un an après sa création, avec pour seul regret, l’absence de l’orchestre.

Cendrillon de Thierry Malandain

La danse des elfes / © Olivier Houeix

Un Malandain à l’imagination débordante

Thierry Malandain fait fit des lieux communs. Une chaussure qui se perd ? Trop classique, et surtout, trop difficile de danser chaussée d’une seule ballerine. On oublie ce point de détail, et c’est au niveau du décor que cela se règle : un rideau parsemé de chaussures à talon façon escarpin du XXIe siècle. Le carrosse en forme de citrouille devient une roue Cyr, qui se ballade magiquement en arrière scène. Le bal s’enrichit de mannequins sur roulettes pour un effet de foule garanti. Une horloge de 12 danseurs se presse autour des deux amoureux à l’approche de l’heure fatidique, battant le rythme, et se dérobant l’un après l’autre pour les 12 derniers coups. L’imagination du chorégraphe parait inépuisable et s’immisce avec subtilité dans les moindres détails de l’histoire.

Cendrillon, de Thierry Malandain

L’horloge des 12 danseurs, à l’approche de minuit / © Olivier Houeix

Un belle famille qui a le bon rôle

Dans les duels qui lient les gentils aux méchants, là aussi, il y a déconstruction. Les rôles de la belle-mère et de ses deux filles sont traités avec une gentille ironie dont on s’éprend vite, et ils animent le ballet d’un bout à l’autre de leurs caricatures. Ces trois hommes, mal fagotés en demoiselles, nous marquent dès le début du ballet avec une arrivée en fanfare, la belle-mère sautillant sur des béquilles. Et ils ne diminuent pas le rythme ensuite. Entre cours de danse où les jeunes filles n’arrivent pas à s’imposer, et numéro de majorette approximatif pour séduire un prince qui ne les regarde pas, le trio a au moins pour mérite de séduire le public. Leurs jeux de précieuses ridicules n’a pas de mal à voler, selon nous, la vedette à une Cendrillon un poil insipide. Autour de ce tableau animé, la bonne fée (incroyable de grâce), ses elfes, le père et le prince trouvent tout à fait leur place, dans un équilibre harmonieux : une recette dont tous les ingrédients sont parfaitement dosés.

Cendrillon, de Thierry Malandain

Le trio de la belle-mère et ses deux filles accablant la pauvre Cendrillon / © Olivier Houeix

Et si cela était allé un peu plus loin ?

La musique de Prokofiev offre un rythme dont on ne s’ennuie pas, et que la chorégraphie néo classique n’a pas de mal à épouser. Thierry Malandain sait créer un mouvement qu’on imagine agréable à danser, au vocabulaire riche. Face à la liberté exquise que s’autorisent la belle-mère et ses deux filles, il nous a juste manqué ce petit brin d’excentricité supplémentaire chez les autres personnages. Un infime détail qui ne nous a pas empêché de nous  régaler de ce fastueux ballet.

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À propos de l'auteur

ESTELLE - Créatrice de projets originaux, à la plume bien pendue, je laisse les traces de ce que j'aime sur le web. Retrouvez-moi dans les autres parties de ma vie : Google +, Twitter ou Facebook.

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