Découvrez les richesses de la danse persane

Avez-vous déjà entendu parler des danses du monde persan ? En provenance d’Iran, d’Afghanistan, du Turkménistan, d’Ouzbékistan ou d’Azerbaïdjan, ces danses font rarement l’objet d’une transmission outre frontières. Rana Gorgani est venue nous les apporter, soucieuse de partager une partie de son patrimoine, et tâchant au mieux d’allier authenticité et enseignement « à l’occidentale ».

Danses persanes avec Rana Gorgani

Rana Gorgagni / © Déborah Marino

Différences avec les danses orientales

Les danses du monde persan ne sont pas des danses orientales. Elles ne proposent pas les mêmes mouvements (absence de déhanchés, de « huit » dans le bassin et les épaules), et ne s’enrichissent pas des mêmes philosophies spirituelles. Tandis que les danses orientales puisent leur inspiration dans les énergies du cosmos (spirale, huit, symbole de l’infini, …) et s’attachent à l’énergie vitale (régénération du flux d’énergie dans le corps),  les danses persanes établissent des liens avec les forces de la nature. Certaines des gestuelles peuvent rappeler les danses traditionnelles indiennes.

Les danses persanes sont telles des roses

Rana insiste sur le long cheminement nécessaire à les appréhender. Elle même continue d’apprendre, en n’arrêtant pas ses recherches, au fin fond des littératures persanes, et en se formant en Iran, auprès des peu de maîtres que le pays compte. La rose vient symboliser cette beauté, acquise après avoir franchi toutes les étapes (les épines). L’enseignement va bien au-delà de la gestuelle. Il est un vrai travail intérieur, sur le corps et l’esprit. L’artiste ne doit pas simplement danser, il doit être l’arbre, l’oiseau, l’eau, … En Iran, Rana reçoit une transmission orale. Son maître lui fait comprendre le mouvement, mais ne lui montre jamais à quoi il ressemble. Cela en dit long sur l’importance de la sensation.

L’apprentissage

Rana adapte son enseignement à notre culture occidentale. Pendant le cours, elle montre aussi bien qu’elle nous révèle les symboles des mouvements à effectuer. Le cours débute par une immersion musicale et gestuelle. Sur le « tube du moment » iranien (trop authentique et mélodieux pour rivaliser avec nos tubes de l’été), nous improvisons avec elle : quelques mouvements de pieds, de bras, de tête….le tout enchaîné avec grâce et douceur.

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Cours de danse iranienne avec Rana Gorgani

Le travail des bras, pendant le cours de danse persane de Rana / © Déborah Marino

Vient ensuite l’apprentissage du « Pa rou Pa », le pas de base, qui ressemble peu ou proue (je n’oserais faire une similitude dérangeante) à notre pas de bourré. Rana nous l’expose avec patience, et porte toute son attention sur les difficultés de chacune. Ce pas, sorte de balancement d’un côté puis de l’autre, nous sert de déplacement, vers l’avant ou l’arrière de la salle. Une fois bien acquis, nous lui ajoutons des bras, des regards, des tours. Puis c’est une chorégraphie qui s’installe petit à petit.

Les liens à la nature omniprésents

Rana prend le temps de nous expliquer chaque minutieux détails. Par exemple, la tenue des mains : comme en danse classique, les mains doivent être bien toniques, le majeur se rapprochant du pouce, rappelant le bec d’un oiseau. Cet oiseau ne doit jamais se renverser. Pour cela, le poignet est souvent en rotation pour effectuer de légères spirales (comme en flamenco) quand le bras monte ou descend. Le corps est tel un arbre, son tronc est fort. Pour cette raison, on ne déhanche pas. Les liens entre ciel et terre sont également très présents. Dans les tours (rendus célèbres par les derviches tourneurs), que nous expérimentons un peu, un bras est en l’air pour se relier au ciel, l’autre se dirige vers le bas pour le lien à la terre. Ils permettent de garder le centre, et font du corps du danseur un transmetteur : ce qui est reçu de là haut est redonné par le bas.

D’autres gestes se nourrissent de la culture persane, tel un mouvement de bras, que le regard suit avant de fuir. C’est que là bas, nous dit Rana, « pour dire oui, on dit non » !

Savoir qu’il y a un sens à tout cela

En dansant avec Rana, nous comprenons brique par brique les fondamentaux qui ont construit cette danse si riche de sens. Elle offre une vraie proposition chorégraphique, qui nous permet de cheminer dans notre découverte : de la danse à la culture persane (pour certains, la découverte se fera en sens inverse, de la culture à la danse). Les deux restent indissociables, et c’est ce qui ouvre une dimension supplémentaire à la pratique : on sait pourquoi on danse.

Rana nous a marqué par sa personnalité, sa pédagogie, ses réflexions abouties. Elle nous a offert un précieux moment d’échange et de découverte, dont nous la remercions. Un vrai beau travail que nous vous conseillons !

Informations pratiques

Rana, via sa compagnie l’Oeil Persan, propose :

  • Tous les lundis soir à Paris : des cours réguliers de danse persane, qu’on appelle communément la danse iranienne (cours testé par OnYdanse), et  de danse afghane. Ces cours sont ouverts aux hommes, aux femmes, sans niveau requis.
  • Régulièrement dans l’année : des ateliers et séminaires de danses soufies et danses du monde persan,
  • Des spectacles, produits en France et à l’international,
  • Des conférences, des tenues pour danser, …

Retrouvez toutes les infos sur le site Internet de l’Oeil Persan.

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À propos de l'auteur

ESTELLE - Créatrice de projets originaux, à la plume bien pendue, je laisse les traces de ce que j'aime sur le web. Retrouvez-moi dans les autres parties de ma vie : Google +, Twitter ou Facebook.

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